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À Visa pour l’Image, David Guttenfelder face à ICE dans son quartier

Anaïs Delmas-Vidal 3 min de lecture

Ce samedi 5 septembre, Visa pour l’Image propose à Perpignan un face-à-face saisissant avec l’Amérique de David Guttenfelder. Selon madeinperpignan.com, le photographe expose à l’Église des Dominicains une série consacrée à l’arrivée d’agents de ICE, la police de l’immigration, dans son propre quartier de Minneapolis.

Le sujet est d’autant plus fort que David Guttenfelder a passé trente ans à photographier des conflits et des crises loin des États-Unis. Ukraine, Afghanistan, Moyen-Orient, Corée du Nord : son terrain de travail était ailleurs. Cette fois, les scènes qu’il connaissait dans les zones de guerre surgissent au coin de sa rue, près d’un restaurant de nouilles où il se rend chaque semaine avec ses enfants.

Une rue familière devenue scène de tension

À l’Église des Dominicains, les visiteurs découvrent notamment une image exposée en extérieur et en grand format. Dans le froid de Minneapolis, des agents fédéraux lourdement armés avancent dans la rue. Sur la photographie, l’un d’eux pointe son arme vers le journaliste. Le contraste est au cœur de l’exposition : un décor du quotidien, mais une présence armée qui bouleverse les repères.

Selon madeinperpignan.com, Guttenfelder raconte aussi comment sa maison s’est retrouvée au centre des événements. Des journalistes venus couvrir les affrontements y passent. Ses filles prêtent des manteaux à des photographes arrivés de régions plus chaudes. Pour la première fois, elles voient leur père travailler au plus près d’une crise qui touche leur propre environnement.

Minneapolis, ses habitants et le choc ICE

L’exposition permet aussi de comprendre la lecture politique et humaine du photographe. Minneapolis y apparaît comme une ville diverse, marquée par l’accueil des populations immigrées. Face aux arrestations, des habitants cherchent à protéger leurs voisins. Pour Guttenfelder, cette mobilisation ne se limite pas à une question migratoire : elle touche le lien de quartier, l’école des enfants, la vie commune.

Le récit rapporté par madeinperpignan.com évoque aussi des scènes d’arrestations d’automobilistes considérés comme étrangers, avant que certains soient reconnus citoyens américains. Le photographe mentionne également des Amérindiens visés par erreur par des agents venus d’autres États. L’exposition prend une dimension plus grave encore avec la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, deux manifestants abattus par ICE, selon la même source.

À Visa pour l’Image, cette série montre donc un photographe habitué aux crises lointaines confronté à une violence qu’il ne peut plus laisser derrière lui une fois les images prises. À Perpignan, les visiteurs découvrent moins un reportage distant qu’un témoignage vécu depuis l’intérieur d’un quartier.

Source : madeinperpignan.com

Anaïs Delmas-Vidal

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