À Visa pour l’image, Luis Tato primé pour ses photos à Madagascar
Hier, samedi 5 septembre 2026, Visa pour l’image a mis en avant à Perpignan le travail du photojournaliste Luis Tato. Il a reçu le Visa d’or News Roger Thérond pour ses images réalisées à Madagascar, au cœur d’un mouvement de protestation porté par de jeunes manifestants. Le prix décerné à Luis Tato rappelle la place de la défense de l’authenticité dans le photojournalisme présenté à Perpignan.
Luis Tato, 37 ans, a passé une dizaine de jours parmi ces manifestants. Ils dénonçaient notamment la défaillance des services publics, la corruption et les difficultés économiques persistantes. Le mouvement, commencé le 25 septembre 2025, a été violemment réprimé avant de conduire l’armée à renverser mi-octobre le président Andry Rajoelina.
Un regard sur une jeunesse en mobilisation
Le sujet primé s’inscrit dans une série de mobilisations de la génération Z observées en 2025, notamment au Népal, au Bangladesh, en Bulgarie et à Madagascar. Avant de recevoir son prix, Luis Tato a confié son intérêt pour ce mouvement mondial de jeunes qui cherchent à faire évoluer leur société et à redéfinir la démocratie.
Le photographe, salarié depuis 2023, occupe à Nairobi le rôle de chef photographe et coordinateur photo pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien. Il avait déjà été récompensé à Perpignan en 2018 par le Prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik, dans le cadre du festival Visa pour l’Image. Il a été distingué trois fois par le World Press Photo, en 2021, 2025 et 2026, et nommé photographe de l’année en 2023 par Pictures of the Year International.
Une édition marquée par l’émotion
Cette remise de prix s’est déroulée dans une édition endeuillée par la mort, lundi, de Jean-François Leroy, fondateur de Visa pour l’image, marquée aussi par un travail sur le mariage virtuel au Japon. Après son prix, Luis Tato lui a rendu hommage, rappelant qu’il lui avait donné sa chance en exposant ses images pour la première fois en 2018.
Pour le public perpignanais, cette distinction rappelle aussi le rôle du festival : faire découvrir, au cœur de la ville, des reportages qui racontent les grands mouvements du monde. Les expositions de Visa pour l’image, toutes gratuites, restent accessibles jusqu’au 13 septembre dans plusieurs espaces installés au cœur des monuments historiques du centre de Perpignan. Le parcours inclut également le travail de David Guttenfelder, consacré à la présence d’ICE dans le quartier où le photographe vit et observe les effets de ses actions.



